L’Agriculture

La culture des Pruneaux d’Agen face aux risques de gelées tardives.

Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires

Autour de Cancon, un paysage classique de l'exploitation de pruniers d'ente à petite échelle.

En mai 2022, je me suis rendu entre le Lot-et-Garonne et la Dordogne, chez les cultivateurs de prunes d’ente. A cette date la filière était face à une deuxième année consécutive de gelées tardives.

Les pruniers d'ente sont des arbres fruitiers historiquement présents dans la région. Ici, un verger de pruniers historique à Monflanquin.

En regardant les pruniers, de nombreuses branches n'ont pas de fruits.

Le système d'irrigation de Michel Reigne qui lui a permis de limiter les dégâts face au gel de 2022.

Michel Reigne me montre les rares prunes présentes sur la branche de son prunier.

Michel Reigne, agriculteur bio de prunes d'ente.

Michel Reigne me montre la différence entre une prune saine et une prune n'étant pas développée correctement après le gel.

Station météo aux abords du champ de jeunes pruniers d'ente de Nicolas Mortemousque.

Système d'irrigation aux abords du champ de jeunes pruniers d'ente de Nicolas Mortemousque.

Nicolas Mortemousque, agriculteur de prunes d'ente.

Le directeur de Coufidou Philippe Manieu. Il pose devant les caisses de pruneaux qui devraient être dans les réfrigérateurs en campagne.

Pour contrer  ces pertes, Rosalinde Jaarsma, directrice du Bureau national interprofessionnel du pruneau, voit plusieurs solutions.

À court terme, il s’agirait de contingenter les stocks (ce qui rarifierait le pruneau) ou d’importer des pruneaux du Chili ou des États-Unis (ce qui mettrait fin au caractère 100% français de la filière).

Dans tous les cas, la filière industrielle du pruneau est face à un changement qui ressemble à un changement du paradigme.

Montpezat. Paysage typique d'une exploitation à plus grande échelle de prunes d'ente. Ici les pruniers occupent les coteaux exposés à L'Est.

Les pruniers d’Ente sont l’espèce de pruniers qui permet la production de pruneaux. Cette filière industrielle française sur laquelle reposent 10 000 emplois et qui fait 140 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel fait directement face aux changements climatiques observés en France. En 2021, une gelée tardive a réduit de 70 % la production sur l’IGP. Une deuxième a eu lieu cette année ou les pertes sont estimées comparables à 2021.

.Maxime Tancogne est un jeune producteur de 26 ans, il a repris l'exploitation familiale il y a 3 ans.

Ces pertes agricoles entraînent la filière dans une situation où elle n’arrive plus à répondre à la demande de ses acheteurs. Ceux-là mêmes qui ne veulent pas que les prix augmentent. Pour les transformateurs (ceux qui sont entre les producteurs et les acheteurs) la situation est très tendu.

Surstock de caisse de stockage de pruneaux. C'est à l'arrière de l'usine que sont stockées ces caisses qui, cette année, ne seront pas utilisées.

Rosalinde Jaarsma, directrice du Bureau national interprofessionnel du Pruneau. Après des années dans la promotion de la filière du sancerre, elle est venue prendre ce poste pour faire en sorte que la filière du pruneau d'Agen se pérennise.

Face à cette situation très préoccupante, la filière constate surtout que la floraison d’années en années arrive toujours plus tôt. C’est le premier effet du changement climatique. En 20 ans, la floraison a avancé de 1 semaine ce qui, si on le met en rapport à l'âge de la terre, est très important. Ces hivers plus doux, cela fait l’unanimité.
Le deuxième selon Météo France est l’augmentation des épisodes de température anormale intense. Les canicules, mais aussi les épisodes de froid intense dont font partie les gelées tardives. Contre ca, il ne semble pas avoir vraiment de stratégie efficace. Deux pistes sont évoquées : l’irrigation qui voit sa portée limité par son coût et le passage vers une autre variété de culture (prune de Table, pomme, noisettes).