La Foret Brulée
Du plus loin que je me souvienne, la forêt de Fontainebleau m’a toujours été proche.
C’est là ou j’allais me balader et faire du vélo quand j’étais jeune. Durant mes études de géographie, j’y allais
étudier sa formation géologique.
L’été dernier, elle est revenue vers moi. Ce jour-là, j’écoutais le podcast Chaleur Humaine qui se demandait
comment sauver les forêts françaises. Pendant la discussion, Laurent Tillier, biologiste à l’ONF, évoque avec
tristesse l’incendie de cette forêt en mai 2023, signe très préoccupant de la montée des feux du sud vers le
nord de la France.
Le 17 juin je vais photographier la terre brulée au lieu dit la Mare Aux Biches.
Cette date marque le début d’un travail de 10 mois, où j’ai analysé les images satellites de la forêt de Fontaine-
bleau ; recensé l’augmentation de la fréquence des incendies ; puis fais des aller-retour pour voir l’évolution de
la végétation. Ces expériences m’ont permis de créer des images.
Je les ai construites autour de l’idée de créer une photographie qui permette de rendre visible le feu. En géo-
graphie, on détecte l’étendue d’une surface brulée en mixant proche infrarouge (NIR) et infrarouge à ondes
courtes (SWIR). Ce faisant, on crée une image en fausse couleur qui fait ressortir l’étendue de la surface
brulée. Cette fausse couleur a toujours resonné en moi comme un écho d’une autre réalité, celle que nos yeux
ne peuvent pas voir... En travaillant sur mes images, il est devenu logique que je reprenne cette fausse couleur
pour rendre visibles les traces de l’incendie. J’ai repris la gamme de couleur jaune-orange-rouge du feu qui
brule et je l’ai appliquée sur mes images d’arbre brulé. L’empreinte ainsi créée révèle dans le rouge le feu et
dans le jaune le ciel. Entre eux, l’orange et le blanc servent de dégradé.